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Claude, ChatGPT, Gemini : comment j'utilise l'IA au quotidien comme designer-développeur

  • IA

Un assistant, pas un remplaçant

Il y a deux ans, j'utilisais l'IA pour reformuler un texte de temps en temps. Aujourd'hui, elle intervient à presque toutes les étapes d'un projet : cadrage, rédaction, design, code, automatisation. Mais pas de la façon qu'on imagine souvent.

L'IA ne conçoit pas mes maquettes et n'écrit pas mes sites à ma place. Elle accélère les tâches où je sais déjà ce que je veux, et elle m'aide à réfléchir quand je bloque. Le jugement, les choix et la responsabilité du résultat restent les miens.

Ma règle de base : je n'utilise l'IA que sur des sujets où je suis capable de vérifier sa réponse. Si je ne peux pas dire si un code est correct ou si un conseil est juste, ce n'est pas un gain de temps : c'est un risque.

Quel outil pour quoi

Je n'ai pas d'outil unique. J'utilise plusieurs assistants selon la tâche, et ma répartition évolue au fil des nouvelles versions :

Outil Ce pour quoi je l'utilise le plus
Claude Le code (dans l'éditeur et le terminal), les documents longs, la relecture
ChatGPT Le brainstorming, les premières pistes de contenu, la reformulation
Gemini Les recherches rapides et tout ce qui touche à l'écosystème Google

L'important n'est pas de trouver « le meilleur », mais de connaître les forces de chacun, et de ne pas hésiter à comparer deux réponses quand une question compte.

1. Le cadrage et la recherche

En début de projet, je m'en sers pour gagner du temps sur la préparation :

  • Préparer un atelier client : lister les questions à poser selon le secteur (une association, un cabinet de santé, un organisme de formation...).
  • Analyser des retours : résumer une longue série de commentaires clients et en faire ressortir les thèmes récurrents.
  • Structurer une arborescence : proposer une première organisation des pages, que je retravaille ensuite avec le client.

Je ne colle jamais de données clients sensibles (coordonnées, contrats, données de santé) dans un assistant IA. Avant de partager un document, je retire ou j'anonymise tout ce qui n'est pas nécessaire à la question.

2. Les contenus et l'UX writing

Les micro-textes d'une interface (boutons, messages d'erreur, états vides, confirmations) demandent beaucoup d'itérations. L'IA est excellente pour proposer dix variantes en quelques secondes :

text
Propose 5 messages d'erreur pour un champ e-mail invalide dans un formulaire
de contact. Ton : bienveillant, clair, en français, moins de 60 caractères.
Le message doit dire comment corriger, pas seulement qu'il y a une erreur.

Je choisis, j'ajuste, je reformule. Le texte final est toujours retravaillé : une IA écrit correctement, mais pas avec la voix d'une marque.

3. Le design

C'est l'étape où je l'utilise le moins pour produire, et le plus pour vérifier :

  • Nommer et documenter les composants et les tokens d'un design system, pour que la documentation reste homogène.
  • Relire une maquette du point de vue de l'accessibilité : hiérarchie des titres, intitulés des boutons, textes alternatifs à prévoir.
  • Préparer des contenus réalistes pour remplir une maquette, au lieu du traditionnel faux texte latin.

Les décisions visuelles, la composition et l'identité restent un travail humain. C'est là que se fait la différence entre un site générique et un site qui ressemble à son client.

4. Le code

C'est là que le gain est le plus net. Avec un assistant directement dans l'éditeur ou le terminal, je délègue :

  • Les tâches répétitives : écrire un composant à partir d'un modèle existant, adapter un formulaire, convertir un bloc de CSS.
  • Les mises à jour : monter les dépendances d'un projet, lire les notes de version, vérifier que le build passe encore.
  • La relecture : demander une revue de code avant de fusionner une branche, ou l'explication d'un bug que je ne comprends pas.

❌ Ce que j'évite

  • Accepter du code sans le lire
  • Demander « fais-moi un site complet »
  • Laisser l'IA déployer en production sans vérification

✅ Ce que je fais

  • Relire chaque modification, comme pour un collègue
  • Demander des étapes petites et précises
  • Tester le build en local avant chaque mise en ligne

5. L'automatisation

Avec n8n, l'IA ne sert plus seulement à moi : elle devient une brique des projets clients. Un agent conversationnel qui répond aux questions des apprenants d'une école, un workflow qui trie et résume des demandes de contact... Dans ces cas-là, le travail consiste surtout à bien cadrer l'IA : un prompt système précis, une source d'information fiable, et des tests sur les cas limites.

J'en parle en détail dans l'article sur la création d'un chatbot IA avec n8n.

Mes règles pour travailler avec l'IA

Règle Pourquoi
Ne l'utiliser que sur ce que je sais vérifier Une réponse fausse mais convaincante coûte plus cher qu'elle ne rapporte
Ne jamais partager de données sensibles Respect des clients et du RGPD
Toujours relire et tester Je reste responsable du résultat livré
Donner du contexte précis La qualité de la réponse dépend de la qualité de la demande
Garder la main sur les choix Le design et la stratégie restent un travail humain

L'IA n'a pas changé mon métier : elle a changé la répartition de mon temps. Moins de tâches répétitives, plus de temps pour ce qui compte vraiment — comprendre le besoin du client, et concevoir quelque chose qui y répond.